24.6.08

Départ


C'est le grand jour. Demain aussi. Après-demain aussi. Et ensuite, c'est les vacances. Donc, je vous donne de mes nouvelles dans trois jours les amis. 

D'ici là, advienne que pourra! 

23.6.08

Nuit


L'été de nuit

I

Il me semble, ce soir,
Que le ciel étoilé, s'élargissant,
Se rapproche de nous; et que la nuit,
Derrière tant de feux, est moins obscure.

Et le feuillage aussi brille sous le feuillage,
Le vert, et l'orangé des fruits mûrs, s'est accru,
Lampe d'un ange proche; un battement
De lumière cachée prend l'arbre universel.

Il me semble ce soir,
Que nous sommes entrés dans le jardin,
Dont l'ange
a refermé les portes sans retour.

Yves Bonnefoy

Premier soir de l'été, un ciel magnifique, la musique au loin, et moi, étendue dans un champ à regarder le soleil qui n'en finit pas de se coucher, pour pouvoir ensuite prendre quelques photos de cette lumière magique faute d'avoir le temps d'utiliser le pinceau. La nature est apaisante. J'avais oublié.
Dernier jour de révisions.

22.6.08

Nevermore...


Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, – murmurai-je, – qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela et rien de plus. »

Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, – et qu’ici on ne nommera jamais plus.

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; – c’est cela même, et rien de plus. »

Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, dis-je, ou madame, en vérité, j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu frapper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; – les ténèbres, et rien de plus.

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » – C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » Purement cela, et rien de plus.

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, – dis-je, – sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; – c’est le vent, et rien de plus. »

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; – il se percha, s’installa, et rien de plus.

Alors, cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, – lui dis-je, – soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que – Jamais plus !

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, – jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »

Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : Sans doute, – dis-je, – ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : « Jamais – jamais plus ! »

Mais le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son – Jamais plus !

Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur : je cherchai à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, – ah ! jamais plus !

Alors, il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient les séraphins dont les pas frôlaient le tapis de ma chambre. « Infortuné ! – m’écriai-je, – ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : «Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, – dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! – hurlai-je en me redressant. – Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !

p.s.: "The Raven" de Poe, pour une fois en français parce que traduit par Baudelaire... peinture, N.Ceccoli. Je continue mes semaines littéraires...

21.6.08

Pierre précieuse


Tu reviens
du lieu endormi
où souffrir est une croyance
comme une autre
dans tes mains
une page arrachée
du livre que l'on te demandait de comprendre
Tu reviens
à peine ivre
tes pas suivant les traces des ombres
qui effleurent le sol
devant toi

Nous avons bu tes mots
aujourd'hui
Nous avons mêlé nos larmes aux tiennes
Et dans l'espace
infini
qui nous séparait de toi
tu as écrit
ce que nous ne verrons jamais

Tu reviens du lieu endormi
où le drame est une prière
mal entendue
à tes pieds
traînent des oiseaux morts dans leur fuite

Vivras-tu cette nuit encore

 Cathia Chabre

J'aimerais pouvoir écrire comme ça. 
Il est toujours troublant de retrouver dans les mots d'un(e) autre ce que l'on ressent. 
Merci.

Pour lire d'autres poèmes de cette jeune poétesse contemporaine, allez faire un tour ici... beaucoup de jeunes talents... beaucoup d'émotions.
Est-il nécessaire de préciser que le tableau est de Delacroix?... ;)

20.6.08

message à caractère informatif


PAPILLOTTE DE MARSOUIN!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


4 jours... voilà, il fallait que ce soit écrit. 
Et mon thé? "sans sucre, merci" comme dirait l'autre... je préfère l'amertume de la vie...
Et puis, je vais me coucher... parce que là, c'est du grand n'importe quoi...

p.s. : carton de Rémi Malingrëy (allez faire un tour)

19.6.08

Les gènes

Aujourd'hui dans la boîte à lettres (enfin, sous le paillasson...) : 


"Comme l'art des belles lettres que tu cultives prend racine dans ton cerveau et illumine tes pensées, que cet arc en ciel de fleurs embaume ton coeur d'un instant de bonheur.
Merci pour ta carte.
Maman"

Je n'ai pas hérité uniquement des joues rouges de ma mère...

Et comme je n'avais pas de carte pour répondre sous la main et que j'avais besoin de me détendre, j'ai pris le premier pinceau et gribouillé rapidement.

Merci pour ta carte maman. Un peu de couleurs sur mon bureau. Mon oxalys, Prunille s'envole sur papier et t'envoie toutes mes pensées et de mes nouvelles que tu pourras lire incessamment. 

18.6.08

Miroir, mon beau miroir...

Une semaine qu'il est chez moi, et une semaine que numéro 2 me demande des photos...  Il fait beau ce matin, et de bonne humeur, j'ai décidé de m'accorder un petit quart d'heure la fenêtre grande ouverte pour laisser entrer le soleil (et les chants de l'anniversaire de Charlène, jeune fille que je ne connais pas, mais aux copains fort sympathiques, fanas de surprises, et surtout aux voix de faussets qui portent...) et prendre quelque photos.

Il s'agit donc du petit miroir de chevet Lisbeth Dahl repéré aux Fleurs, et dont je repoussais l'achat depuis cinq mois. L'autre jour, partie dans la caverne pour récupérer un parapluie beige (un jour je vous reparlerai de ma collection de parapluies...) fraîchement arrivé mais longtemps guetté, j'ai craqué. Avec pour seule excuse (minable) le besoin de me chouchouter pour chasser cette vilaine boule croissante au creux du ventre. Une fois rentré, il a voyagé dans tout l'appartement, jusqu'à ce qu'une folle se décide avant-hier à installer une coiffeuse dans sa chambre (et donc à vider l'armoire, la bouger, la remplir...). Il semble avoir trouvé (provisoirement sans doute) sa place.

Et vous voyez par la même occasion, et sans mauvais jeu de mots, que quand vous regardez dans un miroir, vous pouvez parfois apercevoir une main tendue qui vous fait signe...

Bonne journée à tous!


17.6.08

The Uncertainty of the Poet


I am a poet.
I am very fond of bananas.

I am bananas.
I am very fond of a poet.

I am a poet of bananas.
I am very fond.

A fond poet of 'I am, I am' -
Very bananas.

Fond of 'Am I a bananas?
Am I?' - a very poet.

Bananas of a poet!
Am I fond? Am I very?

Poet bananas! I am.
I am fond of a 'very'.

I am very fond of bananas.
Am I a poet?

Wendy Cope

16.6.08

Marre de!


J'en ai marre de cette boule au ventre. Marre que les gens autour de moi n'aillent pas bien. Marre de ne pas pouvoir les aider. Marre de mon incapacité à bosser sérieusement huit jours avant ce concours de marsouin. Marre de me dire comme une grande innocente : "ah, tiens, si je rangeais ma chambre", et de me retrouver trois heures plus tard à contempler une nouvelle chambre alors que j'ai une épreuve blanche demain. Marre de manger les chocapic de Bibi parce que marre de cuisiner. Marre de ne pas être capable de relativiser. Marre du téléphone, marre de l'ordi. Marre de la télé qui passe des comédies romantiques quand j'en ai marre de ne pas travailler. Marre de ne pas avoir d'argent et de ne pas être prête à faire ce qu'il faut pour en avoir. Marre d'être dépendante de tout le monde, des parents à bibi en passant par les grands parents et les copains. Marre de ne pas être capable de manger équilibré quand je suis en état de stress. Marre que toute ma famille croie que le concours c'est du tout cuit.  Marre qu'il ait des déplacements professionnels. Marre de ne pas être capable de me voir comme une adulte responsable. Marre de me sentir comme une gamine qui doit obéir à tous. Marre de taper des billets qui ne veulent rien dire. 

Pour résumer, j'en ai marre de moi.

p.s. :peinture de Francis Bacon

15.6.08

Staring girl

I once knew a girlwho would just stand there and stare.
At anyone or anything, 
she seemed not to care.
She'd stare at the ground,
she'd stare at the sky.
She stare at you for hours,
and you'd never know why.
But after winning the local staring contest, 
she finally gave her eyes a well deserved rest.
 
Tim Burton, in The melancholy death of Oyster boy & other stories

14.6.08


Roche d'âme. Contre elle, pas de recours. Ils 
n'en trouvent pas. Pas de contournement pos-
sible. Ils n'en trouvent pas.
Là-dessus, ils buteraient s'ils avançaient et ce 
n'est rien que vent, confluents de vents.

Michaux, La vie dans les plis
Zao Wou ki

12.6.08

She walks in beauty


She walks in beauty, like the night
Of cloudless climes and starry skies;
And all that's best of dark and bright
Meet in her aspect and her eyes : 
Thus mellowed to that tender light
Which heaven to gaudy day denies.

One shade the more, one ray the less,
Had half impaired the nameless grace
Which waves in every raven tress,
Or softly lightens o'er her face;
Where thoughts serenely sweet express
How pure, how dear their dwelling-place.

And on that cheek, and o'er that brow,
So soft, so calm, yet eloquent,
The smiles that win, the tints that glow,
But tell of days in godness spent, 
A mind at peace with all below,
A heart whose love is innocent.

Lord Byron

p.s. : pour l'entendre, mais il faudra chercher un peu...
Photo d'Antoine d'Agata, exposition Sigma ( Un artiste dont l'oeuvre me touche profondément. Mon photographe préféré si je peux employer cette expression quelque peu insignifiante...)

11.6.08

Tea time



Une recette très simple fournie par A.nonyme, un thé vert fraise-agrumes bien chaud, un bon roman policier de P.D. James... l'art de la pause!

p.s. recette : une pâte feuilletée étalée, un tartinage de sucre (du bobo équitable avec un petit goût d'anis c'est meilleur...), un tour de main pour rouler comme à la maternelle, un couteau pour découper en tranche le rouleau, un barbouillage de jaune d'oeuf, un saupoudrage de sucre pour le caramel, au four pendant dix minutes à 180°C, et vous avez vos palmitos faits maison! 

Flowers everywhere...

 
Des petits papillons violets sur mes étagères, du rose délicat, des fleurs tournées vers le soleil qui se couchent en même temps que moi... Voici Prunille, ma nouvelle copine, une petite oxalys triangularis. J'espère qu'elle se sentira aussi bien que les autres plantes ici...

10.6.08

Les Conquérants


Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

Ou, penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'océan des étoiles nouvelles.

José-Maria de Heredia, Les Trophées, 1893

Conquête, voyage, inconnu... un titre prémonitoire? aventure à suivre...

p.s. : peinture de Zao Wou Ki

9.6.08

Mon gras et moi

Demain dans vos librairies, si votre libraire est bon, vous devriez trouver ça : 

Si vous le voyez, achetez-le. C'est tout bonnement jouissif, attendrissant, drôle, cynique... Bref, une très bonne BD, comme toujours j'en ai l'impression avec Gally... Et si vous pouvez aller à une séance de dédicace, n'hésitez pas. Elle prend son temps, est timide, mais vous fait un dessin soigné, et avec un grand sourire sous ses beaux yeux bruns. La preuve : 


Et pour les rondes, vous avez juste l'impression de lire votre vie... s'en est presque effrayant!

Quant à la cervelle d'agneau, pardonne-moi Maman, mais c'était vraiment infect, et je ne m'en suis toujours pas remise... 

p.s. : éditions Diantre, 15 euros

7.6.08

Les auteurs que j'aimerais voir au concours...


Mais qui n'y seront certainement pas....

- Edgar Allan Poe
- Marie-Aude Murail
- Nancy Huston
- Oscar Wilde
- Philipp Pullman
- Eduardo Manet
- Julien Green
- Jean Teulé
- Yukio Mishima
- Christian Bobin
- Yasunari Kawabata
- J.R.R. Tolkien
- Arto Paasilinna

... et tant d'autres...


ça me fait penser au livre d'Amélie Nothomb les combustibles. En quelques mots : quels livres brûleriez-vous en cas d'extrême nécessité? Il est curieux de voir que les premiers choisis sont souvent ceux que l'on enseigne...

6.6.08

Cynisme?

En ce moment, je ne sais pas quoi écrire sur ce blog. Tétanisée par l'oral approchant à grand pas, j'avoue n'avoir que cette idée fixe en tête, et malheureusement moins de choses à raconter que d'habitude, ou moins d'envies peut-être. Rassurez vous, cela ne dure que jusqu'à fin juin. Mais il va falloir que vous preniez votre mal en patience, vu mon seuil de créativité, d'imagination, et surtout de tolérance actuel... 

Les oraux me paralysent. L'avantage de l'écrit, c'est la cachette de la copie, vérité de La Palice... Me retrouver une seconde année face à trois jurys différents, écoutant le moindre bafouillage et borborygme  issus d'une chose qui n'est plus ma bouche... je pense que cela peut en effrayer plus d'un. 

D'aucuns diraient que pour un futur professeur, il est dommage de perdre ses moyens en parlant. Ceux qui me connaissent, bavarde, s'étonneraient que je reste muette devant un texte littéraire. Oui, mais voilà : une classe d'élèves, même si elle vous juge, vous tient comme représentant de l'autorité, et surtout comme adulte (parfois à abattre). Vous pouvez lui répondre, vous pouvez échanger. Un jury de Capes, lui, vous voit comme le petit universitaire fraîchement émoulu qu'il va pouvoir broyer. Peu importe que vous ayez les capacités pédagogiques ou non. Ce n'est malheureusement pas ce qui est évalué. Il vous faut juste correspondre à leurs attentes :  rester dans la norme du ministère, à savoir exceller dans sa discipline en obéissant au moindre claquement de doigt, être capable de décrire parfaitement le métier sans avoir jamais exercé, avoir le super pouvoir de produire un commentaire composé littéraire en moins d'une heure dans une langue qui n'est pas la votre...

Tout ça pour "éduquer", et non plus enseigner. Pour faire découvrir à des élèves de cinquième que non, un bouquet misère, ce n'est pas la même chose qu'un bouc émissaire, et que oui, Messire Keu, c'est bien un nom de personnage, et non une personnification... Pour une reconnaissance proportionnée au mal que vous vous donnerez (un élève échouera toujours à cause de vous, réussira toujours grâce à ses capacités...)... Pour un salaire correspondant tout à fait à votre niveau d'étude...

Ah, mais je suis mauvaise langue, il parait que d'ici 2010 les profs débutants seront mieux payés...

Le plus beau métier du monde, je vous le dis.
Quel dommage que je ne sois pas encore de la partie...

Bon, je retourne à ma répétition du rôle de prof : je la ferme et je me remets au boulot... 

4.6.08

De l'évitement


ou comment perdre une heure à nettoyer, trier, et ranger par ordre alphabétique la trentaine de galettes trouvées dans les dernières brocs, pour éviter de plonger mon nez dans les programmes du lycée... tout ça sous prétexte d'en écouter une, et une seule, pour faire une -courte- pause...
Ce qui fait plaisir, c'est que je vais bientôt rattraper la collection de papa...

1.6.08

Le passé appartient à ceux qui se lèvent tôt

Il est difficile de se lever le dimanche matin. 
Surtout quand il a été difficile de s'endormir très tôt ce même dimanche matin à cause d'un certain stress pré-traumatique

Cependant : 
Il est bon d'avoir un vide grenier à sa porte (même pas besoin de marcher).
Il est bon de marchander pour des objets déjà bon marché. 
Il est encore meilleur d'obtenir l'objet marchandé au prix voulu.
Il est bon de revenir par la boulangerie les bras chargés.
Il est bon de prendre son thé à la menthe et son pain aux raisins la fenêtre ouverte, à neuf heure moins le quart, quand tout le monde dort encore dans l'immeuble, un Harry ouvert dans la main.
Il est bon de faire un billet pour raconter ce qui a été bon ce matin.
Il est bon de ne pas trop écrire de il est bon. 

Donc voici mes trouvailles du matin :

Un disque dont les gens de mon âge connaissent la pochette dans le moindre détail... On peut y entendre chanter un hérisson, une autruche, un extraterrestre, des baleines de parapluies, un petit caillou, un prince charmant débutant, un raton laveur rêveur... Quoi? vous ne voyez toujours pas? 

Quelques 78 tours poussiéreux : le"Temps des cerises" et autres chansons françaises, du ragtime, Coppélia...


Une curieuse sacoche en cuir fleurant bon l'atelier d'ébéniste.

Et tout ça pour vingt euros... 
Parfois, il est quand même bon de se lever tôt le dimanche matin...