29.11.08

Time is running out...


Je n'assure pas. Trop de choses à faire... De ce fait, je délaisse mes journaux de bords, n'ayant plus vraiment le temps d'errer dans les limbes comme autrefois.
Mais qu'écrire? Il se passe tellement de choses en ce moment!

Tout d'abord, le boulot. J'en suis dingue. Je passe ma journée dans les textes, les corrections et pointages d'épreuves, les mises en pages, les lectures de manuscrits, bref dans les bouquins. Et quand il faut me changer les idées, j'ai juste à traverser l'étage, passer une porte et proposer à l'amie d'université, de ville, d'arts, de shopping, de commérage, de délires de descendre prendre l'air. Et de remonter en faisant le tour des paniers "servez-vous" pour trouver un petit bouquin à me mettre sous la dent. La situation idéale, celle qui fait accepter une paie qui n'en est pas une, celle qu'on aimerait voir se prolonger. Cerise sur le gâteau, cette année, je peux entrer et sortir du salon de Montreuil à ma guise, grâce à mon magnifique sésame vert estampillé du mot magique "exposant". J'y passe d'ailleurs ma journée demain... des livres à faire signer, des auteurs à écouter, des illustrateurs à regarder. Je plane en gardant les pieds sur terre, et c'est très étrange pour une comète qui a l'habitude d'errer sans but précis...

Mais... il y a (presque) toujours un mais, voici les bémols de ma nouvelle vie : 
- Le travail scolaire: Je n'ai quasiment pas de temps à y consacrer. C'est difficile de tout gérer. Passant mes journées dans des bouquins drôles, haletants, émouvants, en un mot bourrés d'aventures, j'avoue avoir quelques difficultés le soir à me plonger dans les romans cyniques de Drieu la Rochelle, ou dans les essais de Bourdieu (je ne parle même pas de mon mémoire sur Marcel Aymé qui progresse à une vitesse géologique...) Il le faut néanmoins, mais il est parfois impossible de résister aux voix de sirènes issues de cette maudite télévision. Ces voix qui promettent une soirée sans réflexion, une soirée de lobotomisation où le but final est d'atteindre, quand le navire s'échoue (traduction : quand je m'endors sur le canapé) le lit en rampant, pour ronfler tranquillement jusqu'au petit matin. Bref, je n'avance pas comme je le souhaiterais, et plus les échéances semestrielles approchent, plus j'ai tendance à esquiver le problème...
- la vie de couple : Bibi est sans cesse en déplacements professionnels en semaine, à tel point que j'envisage de le rebaptiser du doux nom de "the man who wasn't there"sur ce blog -oui, il y a bien une référence... Comme nous tenons quand même à conserver un semblant de vie sociale, nous sortons, ou tentons de sortir voir nos quelques relations les week-end. Ces foutus week-ends qui passent trop vite pour qu'on ait le temps de se faire cette séance de ciné d'il y a deux mois (ce n'est pas comme si nous avions une carte illimitée...), ou pour s'accorder les grasses matinées et siestes crapuleuses sous la couette, si ce n'est pour réellement dormir, tellement nous sommes crevés. Et le lundi arrive de nouveau, si vite! Car comme dirait La Palice l'avantage de la semaine c'est que quand elle est fini... elle recommence!

Moralité : une nouvelle vie c'est bien, mais des journées de trente heures, c'est plus utile!

p.s. : dessin d'Arthur Rackham. 

20.11.08

Félicien, mon nouveau copain

Frontispice des Diaboliques

Je ne sais pas si vous connaissez Félicien Rops, mais je l'ai découvert depuis peu à l'occasion d'une soirée au musée d'Orsay, et je dois l'avouer, j'ai eu un petit coup de foudre. Il s'agissait d'une soirée littéraire sur Barbey D'Aurevilly -et là, je vous entends d'ici, avec les "comment elle se la pète" ou "encore des bouquins! monomaniaque la fille!", mais je m'en moque...- où au détour d'une conférence, j'ai découvert ce premier illustrateur des Diaboliques. Bon, le bouquin, je l'ai lu, relu, il est dans les livres accessibles facilement à côté de Poe, Wilde, et Villiers. Inutile de vous dire l'état de ses pages, quand elles tiennent encore... (Au passage : encore un grand écrivain normand... comme quoi la pluie finalement...). 
Mais voilà, je ne connaissais pas d'édition illustrée (ok, je ne l'avais pas cherchée...). Et là, je vois des images qui correspondent parfaitement à celle que j'imagine. A un tel point que c'en est troublant... donc, je me renseigne sur leur auteur, et je découvre Félicien, dandy décadent au parfum souffré, favori de cette fin de XIXe siècle, mais un peu trop incorrect pour avoir laissé un souvenir immuable dans l'esprit commun... sauf que... quand on regarde bien, on découvre quand même son influence chez des peintres postérieurs, dont Balthus, Modigliani, ou Munch("la petite masque" illustrant le dernier amour de Don Juan se retrouve dans "la puberté" de Munch par exemple...). Je vous laisse ici quelques images glanées après une longue recherche sur la toile, et dès que je trouve un livre intéressant sur ce dessinateur, je vous en parle plus longuement... 
Le dessous de cartes d'une partie de Whist

Le bonheur dans le crime

Le dernier amour de Don Juan

Je vous fais grâce des explications des illustrations : vous n'avez qu'à lire le bouquin de Jules! Ce n'est pas long, et c'est juste horriblement bon...

13.11.08

De la difficulté à travailler dans une maison d'édition...


Je n'ai plus de place... mais comment voulez-vous résister à des bouquins gratuits?! et là, je ne vous montre que les classique que j'ai ramenés... je ne vous parle même pas des autres qui encombrent les toilettes, les étagères à vinyles, la table de nuit... sans compter les collections jeunesse... 
Encore trois mois... vais-je tenir le coup?
Et le boulot est intéressant... je suis dans les histoires et les textes toutes la journée... déjà que je plane en temps normal, je ne suis pas certaine de sortir indemne de ce stage... quel dommage qu'ils n'embauchent pas...

12.11.08

Poupées...

Dès que j'ai su lire, j'ai abandonné sans aucun regret mes poupées. Un livre dans chaque poche, le nez dans un troisième, je n'avais plus besoin d'imaginer des vies : je pouvais voyager dans des univers que pas une seconde je n'aurais imaginés. 
Seulement, allez-savoir pourquoi, depuis quelques temps, je deviens gaga, et je craque dès que je vois une kokeshi. J'ai probablement laissé tomber un peu trop tôt les baigneurs, et autres Chucky si l'on écoute ma mère. Mais visiblement, je suis en train de me rattraper... 
Voici donc la nouvelle venue, qui a déjà trouvé sa place à côté des bouquins, et qui si j'en crois son air malin, est déjà copine avec les anciennes locataires de mes étagères...

11.11.08

En garde Mary!


En ce moment, comme vous l'avez sans doute remarqué, il pleut. Et moi, j'adore la pluie (merci les origines normandes...). Donc depuis deux semaine, mes sept parapluies s'aèrent à tour de rôle, selon mes tenues vestimentaires, ou mon humeur. 
Quel plaisir de voir un ciel bleu quand on s'est levé du mauvais pied, et d'entendre malgré tout le martèlement irrégulier de la pluie sur la toile... surtout quand on est bien abrité dessous!

p.s . : note pour plus tard (merci Parker Lewis...) : Je devrais créer un libellé uniquement destiné à prévenir le voyageur cybernétique que le terrain est glissant car mouillé par ma névrose poppinsienne...

1.11.08

Comment bien foirer sa fin de week-end

En allant à la foire Saint Romain de Rouen. Depuis que je suis toute petite c'est le déclencheur de mes vacances de la Toussaint. "C'est la foire, c'est la foire!". Cri de ralliement dans le monospace familial qui nous emmenait passer une semaine chez les grands-parents paternels. Encore maintenant, je ne peux m'empêcher de sauter comme un puce dans la voiture (sous les yeux effarés de Bibi) en arrivant en ville et en voyant les lumières lointaines des manèges. Un vrai papillon autour d'une bougie. 
Le week-end dernier donc, nous fêtions les trente ans d'un ami rouennais... et le détour s'est imposé (presque) de lui-même le dimanche après-midi.
Comment ne pas succomber aux appels si gracieux des forains, aux croustillons, guimauves et autres barbe-à-papa, surtout quand un gamin de trois ans vous accompagne, des pompons de manèges pleins les yeux? Personnellement, je ne peux pas, et j'avoue avoir eu pendant quelques heures les mêmes yeux que lui... petit retour en enfance. Ne manquaient que mes frangines, les seules aptes à comprendre ce craquage puéril!